reconciliation
J’ai rêvé de lui de nouveau, y a deux nuits. Un des seuls rêves dont je me sois souvenu, mais c’est normal, j’étais réveillée à la fin.
Je ne me rappelle que peu du contexte, et de toute façon il était nul, le contexte. Des gens que j’aimais pas spécialement réunis autours d’une table dans une pièce banale, je ne sais pas de quoi on parlait (j’étais aussi à la table) mais ça ne devait pas être bien intéressant puisque moi je dessinais.
Il était là aussi, donc, je le savais mais je m’en fichais, au début. Saine indifférence.
Au bout d’un moment c’est partit en vrac, niveau des autres participants. On se balançait une sorte de gros ballon. Puis c’est devenu un truc de chair, genre un coeur ? je sais pas, ça sert à rien d’inventer des symboles.
En tout cas les autres abrutis se sont agacés que je ne participe pas à leur supeeeer jeu, et je me suis pris deux trois fois le machin dans la tête et l’ai rebalancé à un gars en particulier qui m’avais l’air plus chiant que les autres.
Ca a finit en espèce de viande hachée complètement écrasée dans ses mains.
Comme ils étaient désoeuvrés ensuite ils se sont barrés, c’était pas de refus. Et du coup restait my sweet, assis à la même place qui était largement passif depuis un moment. (Probablement que je ne savais pas comment le faire réagir donc à défaut il ne réagissait pas du tout).
J’aurai pu partir aussi, mais non, quand même. Je m’en fichais plus qu’à moitié. Puis s’il était là, c’est pas pour rien.
Donc me suis levée, et je suis allée passer mes bras autours de ses épaules. Il ne bougeait toujours pas trop. Juste une décontraction.
J’crois qu’il a finit par bouger un rien, pas trop, juste assez. Juste assez pour que je puisse le laisser, et que j’ai le droit de le pardonner.
J’ai hésité, dans mon demi-réveillage, à revenir encore vers lui. Ou à le retenir, en le faisant s’en aller. (C’est moi qui décidait, même si je ne voulais pas avoir conscience de ce pouvoir). Mais non. Je suis sortie.
Et ça fait du bien.
Parce que je ne lui en veux plus. Parce que ce qu’on a été ne vaut pas que je porte le ressentiment que je me suis forcée à prendre. Et quoi qu’il puisse être, il est ce que j’ai le plus aimé.
Je n’ai rien ressentit, pendant le rêve. Même quand je l’avais dans mes bras. Enfin, pas de sentiments habituels, en tout cas. Les pressions, la décontraction, son souffle, mais pas mon cognement trop long du coeur, pas la pression des bras qui ne veulent pas le lacher. C’est bien.
Je sais que je n’ai plus besoin d’en avoir peur, comme j’ai su que je n’avais plus besoin de m’accrocher à son image quand j’ai réussi à en avoir peur.
Je suis contente qu’il soit repassé. J’aimerai énormément le lui écrire, mais je ne peux pas. Je pourrai, mais ne veux pas. C’est juste un réflexe, de quand il fallait qu’il sache ce genre de choses. Il suffit de réapprendre à ne pas le partager, en encore je triche.
N’empêche, ils étaient débiles, les autres participants.
Je ne crois pas.

A l’amour je ne crois pas. Je n’y croyais pas, du moins n’imaginais même pas ce que ça pouvait être. Puis j’ai su. Et c’était parfait, et mieux bien sûr.
C’est même plus compliqué que de ne simplement plus y croire. Je sais ce que ça peut être, je sais ce que ça a été, mais je n’arrive pas à penser que ça pourra être de nouveau.
C’est chiant. Parce qu’avant, je m’en fichais, je tournais limite ça au ridicule, faisant semblant de ne pas être intriguée par tous ces zouaves et toutes ces pubs qui en faisaient un tel foin.
Je comprends un peu maintenant, mais du coup je suis limite dégoûtée. Parce que tout le monde en fait quand même trop. Parce que c’est tellement futile. Parce que tout le monde le tourne en ridicule à ma place, l’amour.
J’y réfléchissais, attendant je ne sais plus quel train (et les trains et les gares m’y font penser chaque fois, parce que). Que ce n’était qu’une vision culturelle, que je voulais y attacher.
Qui a dit que ce devait être comme je l’ai ressenti ? Est-ce que je ne l’ai pas ressenti comme ça simplement parce que je le voulais, et est-ce que je ne le voulais pas simplement parce que c’est l’image qui me plaisait le plus, dans ce que j’avais pu voir et lire ?
On a toujours le choix, mais les choix ne sont que ceux d’un pannel de choses que l’on connaît. Je suis contente d’avoir aussi celui de penser à tout ça. Il dit qu’on ne peut pas fuir, mais c’est tout comme. Les mots brisent les catalogues du rationnel. Gloire à eux.
J’veux dire… Il faudrait être plein de certitudes et sûr de soi en plus, pour croire à ce que j’aimerai retrouver. Vous savez, ce qui illumine, les choses qui deviennent toutes absolument légères, les couleurs qui apparaissent du monde qu’on ne soupçonnait pas, “touça”.
Je n’aime pas les certitudes. Mais j’aimerai bien croire.
Il me semble que je peux. Quand je le lis. Puisqu’on ne peut cracher ses sentiments qu’après les avoir éprouvés, non ? Et ils semblent avoir vu les mêmes couleurs, j’ai juste tendance à décrédibiliser ce que j’en aperçois en me disant que c’est pour les besoins du roman, qu’ils l’écrivent pour leur personnage et non pour eux.
J’espère que non. Et puis, je suis déjà heureuse pour eux. Puisqu’ils l’auront au moins vécu ou revécu à travers leur Kiara personnelle (Exemple douteux mais exemple sincère).
Il m’arrive de ne pas me ressembler. “Puis-je encore me rassembler ?” Je ne me ressemblais pas à tout mettre au second plan ni à tomber dans les abîmes de confiance que Nous m’apportait. Je ne me ressemble plus à être si désabusée, j’en suis vraiment peinée, mais je ne peux pas… pas.
Cela ne sert à rien. Ce n’est pas l’amour de ce temps, que je désire. J’aime l’amour de quelques phrases magiques, celui qui disparaît dès que les livres se ferment, parfois même au bout de quelques pages tournées.
C’est absolument ringard, de se retourner sans cesse. Je m’en fous. Je ne marche plus à reculons, et je marche. J’aimerai encore progresser, mais c’est déjà bien plus que je n’en ai jamais attendu de moi.
Juste… J’ai l’impression que tous les couples que j’aime se méritent véritablement et qu’ils n’auraient pas pu mieux se réunir. Seulement ceux là même succombent à la banalité des habitudes de notre époque, et se séparent.
J’ai reculé un peu vite une fois, dans un parking. Un gars avait commencé à passer au même moment et je ne l’avais pas vu. Pas d’accident, il a juste eu peur, et sa copine aussi. Elle me l’a dit, en m’engueulant.
“Attention !! [...] J’y tiens moi !”
Tout à mes excuses et à ma remise du choc d’avoir manqué d’écraser quelqu’un, j’aurai quand même bien répondu…
“Ah, c’est vrai ?”
ou
“Vraiment ? Vous avez de la chance”
Parce qu’ils étaient “grands” même si jeunes, et que c’est le genre que j’aurai plutôt jugé d’office ‘ensemble histoire de’ mais pas forcément ‘attachés’. Ca m’a limite laissé une impression plus forte que le semblant de drame, sa phrase.
Na va.
Tout ça pour dire, il a fallu Keï pour donner un sens à cette vaste confusion que je reniais de mon système de vie, il faudra certainement encore plus de chance pour ne pas rester sur le “pfff” que j’en pense en ce moment. Ca m’agace de le penser. Mais je ne peux, comme je l’ai déjà écrit plus haut.
Je crois encore pour les gens, c’est une consolation et quand bien même j’ai tord, je continuerai d’y croire. Juste parce que j’ai besoin.
“Courir après l’espoir est tu peux me croire ce que je fais de mieux”.
Disons que je cours pour ceux qui en valent la peine, et que je marche seulement pour l’infime goût de me ménager que je garde.
Things that I can think
Je suppose que tout le monde s’intéresse à la mort. L’indifférence à son égard me semble dificile à concevoir, sur toute une vie.
En ce moment, j’y pense peu. Assez pour avoir cet article à écrire, cela dit. Mais c’est que ça me trotte dans la tête depuis un moment. C’est entre autre pour cette chose que je ne vois absolument pas figurer sur VodaTuna que j’ai casé un blog de plus sur la toile.
Donc voilà.
“Je pourrai avoir un accident, il pourrait se passer quelque chose, sans que j’y sois pour rien, et je mourrai”
La part de culpabilité est étrange, mais bien présente. Je ne m’accorderai jamais le droit de me tuer volontairement. Même je m’en voudrai de mourir en me mettant en danger extrême, en “cherchant des noises”.
Je ne veux pas particulièrement mourir. Seulement, j’ai l’impression que ça ne me dérangerait pas non plus. C’est dommage, j’aimerai bien que ça me dérange. Avoir de quoi dire : “Je ne peux pas mourir, j’ai ça, et ça, puis ça…”
Mais le fait est que je ne suis pas (plus) indispensable, et malheureusement rien n’est plus assez indispensable pour révéler les couleurs.
A une époque, non seulement je n’avais pas le droit de mourir, mais même pas celui de me faire mal. C’était chouette. Je me faisais mal quand même, et j’adorai me faire disputer pour ça, revêtie de la cape d’inquiétude d’un autre.
Ce n’est pas que ma vie soit désagréable. Au contraire. Je fais ce que je veux, je vis ce que je fais, je profite de tout et ai des gens à qui en parler. Je n’aurai jamais espéré avoir une telle vie géniale, dans le temps.
Ce n’est pas que je sois totalement blasée de tout. Il me reste des tonnes de trucs à voir, à faire et à rire. J’ai une capacité d’indifférence un peu trop accentuée, mais ce n’est pas pire.
Généralement je pense à m’échapper des épreuves obligatoires et me semblant trop énormes par la mort. C’est pratique.
Pour les dernières, je disposais d’un stock d’encouragement gigantesque, une réserve de courage énorme. Ce n’est plus le cas, mais j’ai gagné de l’assurance et je sais que ça ira.
Mort : tranquille. Association instinctive du moment. Ce n’est pas seulement le premier mot qui me vient à l’esprit, c’est surtout le seul quand je ne cherche pas trop.
La vie est faite de trop de choses et je sais que je fais déjà de façon trop efficace le tri, en n’acceptant pas toutes les charges de l’adulte. Donc je me dis qu’à être débordée par la moitié de ce que je devrai avoir à gérer, je n’ai aucun moyen de parvenir un jour à m’occuper de tout à la fois. D’un minimum de tout-à-la-fois.
Ca, c’est épuisant d’avance.
Puis une deuxième chose dont je ne me serai jamais douté, c’est que je n’arrive plus à croire sans aucune hésitation que le plus beau reste à venir.
Pour moi ce n’était pas une “force de penser” ça, mais juste une évidence.
La première fois que j’ai réalisé qu’effectivement on pouvait ne PAS le penser, que Je pouvais ne pas le penser, ce fut assez glauque, comme impression.
Je me suis dit que ça allait passer, mais si je ne triche pas, là c’est encore le cas.
Je crois que le parfait est passé. Et je n’imagine pas trouver assez de confiance en moi ni en la vie pour dénicher un plus que parfait.
Alors oui.
Je me dis que sans chercher des noises, si d’un coup un avion devait s’écraser pile sur ma poire, ben… Au moins je serai au calme.
Je me souviens d’une fenêtre. Celle de la chambre de mon ancienne maison, à Vaulx. Ce n’étais pas haut, pas assez pour me tuer, sûrement. Je me demandais si ça vaudrait le coup de tenter, au cas où. Puis je me demandais pourquoi ça pourrait valoir le coup.
Mais je ne pouvais pas me tuer, ni même mourir sans faire exprès, à ce moment là non plus.
“Ben non. Sinon je ne pourrai plus voir Albane”.
Il y a de grandes phrases, qui semblent vraiment trop fières d’elles-mêmes. Du genre : L’équitation m’a sauvé la vie. Ou “Cette jument m’a sauvé”.
Je ne peux pas dire ça, parce que je ne me serai de toute façon pas tuée. Mais Albie a sauvé quelque chose de moi, ce que les autres continuent à préserver. Je n’ose imaginer ce que je pourrai faire de moi si je ne les avaient pas.
Ils sont encore là, je veux toujours voir Chimère.
Mais plus au point d’écarter l’attrait du calme.
J’ai grandit, on m’a fait grandir.
L’essentiel disparaît.
Larmes
Il y a des larmes qu’on ne veut pas ecraser, pour ne pas détruire ce qu’elles transportent.
Hier soir d’humeur fort maussade. Sans savoir vraiment pourquoi, la solitude prend ses aises quand elle veut chez moi.
Enfin, une cause quand même, un petit ruminage de soucis qui ne m’appartiennent pas. Une sale impression. Quelques messages envoyés, je m’endors avant la dernière réponse, je la découvrirai au matin.
Le réveil n’est pas tranquille. “Et mouise. Encore un rêve” Décidément, le changement de lieu provoque d’étranges choses pour mes nuits. Des semaines que je ne parvenais plus à me souvenir de rien de mes rêves, et voilà que tous les matins je dois m’arracher d’eux.
(Et le regretter aussitôt)
Rêvé de lui. Ca faisait un moment. Je me disais justement que ça devait être bon signe, d’en voir d’autres, les nuits. Même si jamais aussi agréable, sauf pour la lumière récemment.
Mais là c’était lui. J’ai innové, d’habitude je prends en compte seulement ce que je sais, là je lui ai imaginé une copine. En fait je ne l’ai pas vue, juste je savais qu’il en avait une. Peut-être mixé avec l’écrivain, remarque.
Distances, comportement habituel et réservé, puisque copine et puisque c’était bien finit, cette fois. Au moins pour le début. Je me suis quand même laissé céder pour goûter de sa douceur. Il n’a qu’à pas venir squatter.
C’est grave comme les sensations n’ont rien à voir. Même en rêve, même à juste effleurer sa main et sa joue, c’est invraissemblablement plus fort que tout ce que j’ai pu croiser depuis.
Mais je le sais. Voilà une part des larmes.
Mes yeux ne se ferment plus pour les mêmes raisons.
Bref. Pas réveillée avec beaucoup de légereté.
Un message, celui de la veille-nuit, donc : “Hey, tu peux parler avec ton keï =p “
Coïncidence, oui. Ca n’a pas allégé.
Je ne peux pas vraiment parler, non. J’en parlais quand je croyais.
J’en ai beaucoup écrit, rien d’édifiant ni de construit. Avant, pendant, après.
Quand j’en parle maintenant, testé il y a peu, j’ai l’impression de m’entendre présenter un exposé oral obligatoire devant un auditoire sévère. Pleine de stress, parlant trop vite, et tentant de dissimuler pitoyablement la gêne que j’en ai par de petits rires ignobles.
Parce qu’il faut bien en rire.
Voilà comme j’en parle. Voilà pourquoi je n’aime pas en parler.
Donc non, je ne peux pas en parler, avec mon Keï. Ce n’est plus mon Keï, je ne suis pas un exemple, il n’en a pas été un non plus.
Je n’ai pas de vérité à donner. Juste des impressions.
Je les donnent seulement quand j’ai l’impression qu’on m’en demande, pardon si je me suis trompée là dessus.
C’est fatiguant. Fatiguant de comprendre, de savoir, de devoir faire avec et sans.
Heureusement que je suis une ptite tête qu’un rien distrait des certitudes.
Contente de savoir gribouiller. Ca occupe.
Ca occupe mais ça ne chasse rien.
C’est toujours de petites larmes à essuyer, quand on aurait voulu plonger dedans.
Piètre miette
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Savoir renier les sentiments et nier la lumière
Accepter comme les autres de croire que Rien n’est pour de vrai
Contre mon coeur m’attacher et cracher ensemble sur hier
Reléguer aux vastes méandres de la vie le seul qui m’en délivrait
Il faudrait bien tout ça pour libérer les ombres qui errent
Facile d’imaginer un comportement solide, je pourrai
Insister pour me sentir vivre comme en un peu plus fière
Combler la perte de l’absolu en revenant … à quoi ?
Et je crois qu’il est trop tard, et je peine à rêver encore.
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