Idée(s) flottante(s) sur rails.
Les gens se forcent à faire évoluer leur regard par panique de ne pas voir évoluer leur vie.
Quitte à prendre des airs beaucoup plus sérieux, conscients des difficultés, condescendants.
Il faut bien que quelque chose change. Et pourtant, les rails sont toujours identiques, malgré les kilomètres parcourus. Comment savoir qu’on a avancé ? Le paysage semble uniformément intouchable, vitrifié qu’il est.
Alors quoi ? Accepter toujours les regards de ceux qui traversent notre wagon à la recherche d’une meilleure, toujours meilleure place ? Accusateurs, peinés, méprisants, incompréhension.
Je n’ai jamais envie de prendre la peine de leur expliquer. Il m’est arrivé de considérer mon manque total d’ambition “sociale” comme un défaut, mais je crois que cela me facilite bien la vie, quand même. Il est juste dommage que ce soit un des axes majeurs de l’époque, d’évaluer toujours pour tout classer, de rarement laisser les gens se contenter ce qu’ils ont, de ce qu’ils sont.
“C’est normal aussi qu’elle n’aille pas bien, elle a 25 ans et elle fait quoi de sa vie ?”
Ce n’était pas à propos de moi, mais je suppose que c’est mon semblant de motivation presque convaincant qui a permit de ne pas être dans le panier de cette phrase là. Je suis dans beaucoup d’autres.
C’était une remarque de Chou’ concernant Nelly. Elle est palefrenière, elle donne quelques cours, elle a un emploi stable, je trouve ça déjà pas mal, mais bien sûr c’est nettement moins imposant que la VIE de Valérie qui se dirige à pas de géants vers une destinée admirable que tant de monde devra lui envier et dont la plupart devraient s’inspirer. Mhh.
“Tu dois devenir… I’m lost” Je ne suis pas perdue, parce que je ne cherche qu’à devenir ce que je suis. Parce que je n’ai jamais tellement pris en compte les jugements des gens, exceptions exceptées. Ceux dont je tiens compte viennent des gens qui vivent comme j’aime vivre, ou qui comprennent sans se forcer ce que je suis.
Je ne cherche pas à traverser le train. J’aime à vadrouiller dans différents wagons, mais pas pour avancer vers quelque chose de précis. Je prends un temps absolument faramineux à faire des acrobaties foireuses partout où c’est possible, à observer des gens, à les aimer de loin ou de près.
C’est quand même les choses les plus intéressantes de ce monde, non ? De mon monde, pour sûr.
En vérité, je me fiche totalement de savoir où va ce train, qui continue à construire les rails, et comment je pourrai influer sur la direction générale de façon efficace.
Je me contente de feindre chercher mon billet, regarde de temps en temps ma montre pour de faux, histoire qu’on ne me vire pas en m’envoyant bouler sur les rails. Parce qu’il y a des gens dans le train que je ne suis pas pressée de perdre de vue, et encore pas mal de cascades incertaines à tenter.
Jen a dit,
novembre 9, 2007 à 9:56
ah bah cool jsuis pas la seule à être possessive alors ^^
luciiole a dit,
novembre 10, 2007 à 12:11
=/ J’crois bien que ce commentaire s’est égaré…
Susceptible a dit,
novembre 10, 2007 à 11:08
Eh ben… en fait c’est une chance je crois, que tu as… Moi j’ai toujours vécu dans une ambiance où on voulait me pousser à faire ce que je pouvais faire et non forcément ce que je voulais, et aujourd’hui je me retrouve dans un truc qui me plaît pas, qui me prend tout mon temps, et le pire c’est qu’on m’a tellement dit et répété que je pouvais aller loin que j’arrive pas à me dire “Je quitte le tout, tant pis pour ce qu’en penseront les gens, je vais juste faire ce que j’aime”, j’ai pas le courage, et au lieu de ça j’me dis que je vais encore supporter ça quelques mois avant d’aller vers quelque chose qui me plaira un peu plus, sans vraiment être mon rêve dans la vie…
Donc bref, profite, toi, d’être ainsi libre de faire ce que tu veux :D
luciiole a dit,
novembre 10, 2007 à 1:14
Oui, c’clair. En fait les seules réticences que j’ai senties étaient SEULEMENT des réticences, pour ça que j’ai tenté quelques autres trucs, avant de vraiment me caser à la Doua (sans succès).
Mais pour ça c’est sûr, j’ai de la chance.
J’aime PAS entendre les gosses qui savent qu’ils ne font pas ce qu’ils devraient (voudraient) faire, mais dont les parents ne leur laisse pas le choix du tout… Surtout si on est conscient d’avoir autre chose qui attire, encore plus frustrant >_<
Ce qui est bien c’est que t’es assez fort pour faire quand même les choses que tu aimes, même si moins facilement que tu ne le voudrai.