Larmes
Il y a des larmes qu’on ne veut pas ecraser, pour ne pas détruire ce qu’elles transportent.
Hier soir d’humeur fort maussade. Sans savoir vraiment pourquoi, la solitude prend ses aises quand elle veut chez moi.
Enfin, une cause quand même, un petit ruminage de soucis qui ne m’appartiennent pas. Une sale impression. Quelques messages envoyés, je m’endors avant la dernière réponse, je la découvrirai au matin.
Le réveil n’est pas tranquille. “Et mouise. Encore un rêve” Décidément, le changement de lieu provoque d’étranges choses pour mes nuits. Des semaines que je ne parvenais plus à me souvenir de rien de mes rêves, et voilà que tous les matins je dois m’arracher d’eux.
(Et le regretter aussitôt)
Rêvé de lui. Ca faisait un moment. Je me disais justement que ça devait être bon signe, d’en voir d’autres, les nuits. Même si jamais aussi agréable, sauf pour la lumière récemment.
Mais là c’était lui. J’ai innové, d’habitude je prends en compte seulement ce que je sais, là je lui ai imaginé une copine. En fait je ne l’ai pas vue, juste je savais qu’il en avait une. Peut-être mixé avec l’écrivain, remarque.
Distances, comportement habituel et réservé, puisque copine et puisque c’était bien finit, cette fois. Au moins pour le début. Je me suis quand même laissé céder pour goûter de sa douceur. Il n’a qu’à pas venir squatter.
C’est grave comme les sensations n’ont rien à voir. Même en rêve, même à juste effleurer sa main et sa joue, c’est invraissemblablement plus fort que tout ce que j’ai pu croiser depuis.
Mais je le sais. Voilà une part des larmes.
Mes yeux ne se ferment plus pour les mêmes raisons.
Bref. Pas réveillée avec beaucoup de légereté.
Un message, celui de la veille-nuit, donc : “Hey, tu peux parler avec ton keï =p “
Coïncidence, oui. Ca n’a pas allégé.
Je ne peux pas vraiment parler, non. J’en parlais quand je croyais.
J’en ai beaucoup écrit, rien d’édifiant ni de construit. Avant, pendant, après.
Quand j’en parle maintenant, testé il y a peu, j’ai l’impression de m’entendre présenter un exposé oral obligatoire devant un auditoire sévère. Pleine de stress, parlant trop vite, et tentant de dissimuler pitoyablement la gêne que j’en ai par de petits rires ignobles.
Parce qu’il faut bien en rire.
Voilà comme j’en parle. Voilà pourquoi je n’aime pas en parler.
Donc non, je ne peux pas en parler, avec mon Keï. Ce n’est plus mon Keï, je ne suis pas un exemple, il n’en a pas été un non plus.
Je n’ai pas de vérité à donner. Juste des impressions.
Je les donnent seulement quand j’ai l’impression qu’on m’en demande, pardon si je me suis trompée là dessus.
C’est fatiguant. Fatiguant de comprendre, de savoir, de devoir faire avec et sans.
Heureusement que je suis une ptite tête qu’un rien distrait des certitudes.
Contente de savoir gribouiller. Ca occupe.
Ca occupe mais ça ne chasse rien.
C’est toujours de petites larmes à essuyer, quand on aurait voulu plonger dedans.
Jen a dit,
août 21, 2007 à 11:55
C’était sur le ton de la taquinerie, mon sms. Ce n’étais pas méchant.. Je m’en veux de te l’avoir envoyé. De t’avoir fait souffrir, même si c’était pas voulu.
N’empêche j’suis triste. Et honteuse. Que tu ai pensé à mes problèmes et que, accumulé à d’autres choses, ça t’ai fait de la peine.
J’essayerais, à l’avenir, de les dissimuler aussi, les miens, de problèmes.
Parce que je veux pas être un gros nuage noir qui cache un si beau soleil.
Bisouilles.