De ce sentiment léger

août 2, 2007 at 11:57 (Gouttes evanescentes)

Solitude

Visitant un des sites que je surveille régulièrement, ce matin, j’ai pu lire un joli poème, assez ambitieux pour nous raconter une histoire bien plus longue que lui-même. Triste, comme à peu près tous les textes que nous laisse voir cet auteur.

J’ai envie de pouvoir cracher ce que je m’interdis d’être. Cette part sombre que je refoule dès qu’elle tente de se faire entendre.

Ce n’est pas tricher, ce n’est pas pour sauvegarder un masque. Ce réflexe me compose aussi, et il est salvateur. J’ai bien souvent la certitude d’être à côté de la vie, mais je sais que je suis ma vie.

C’est aux autres que je ne veux pas imposer les flots noirs qui rampent au fond.

Il m’arrive maintenant de m’occuper de l’impression que je donne. Tout au plus pendant des années m’efforçais-je de n’en donner aucune, en feignant de me moquer de celle que les Autres prenaient tout de même la peine de se faire de moi.

Je crois avoir le pouvoir de paraître assez constante, jamais exubérante mais d’humeur au moins “correcte”.
Je ne veux pas qu’on me voit sombre. Je ne veux pas qu’on entende la “Sale voix” que j’entends parfois.  Les liens qui tirent vers le bas, même à les observer partout autours et à les reconnaître, je refuse de les considérer. Ce qui n’est pas nommé existe un peu moins.

Je fais part parfois de ces cris silencieux à un coin de papier, à un bout de fichier. Ce n’est que pour nier toujours la tristesse ; ne garder que la cause du mal après l’avoir trouvé ; écrire l’espérance d’un proche mieux.

Je n’ai pas peur du noir, mais je n’aime pas m’y noyer. Il doit y avoir dans cette habitude là de toujours nager vers la lumière tout le courage que je ne parviens pas à trouver pour le reste.

Cependant, et malgré tout, j’envie la liberté que les gens prennent à ajouter de l’obscur au sombre. Je supporte difficilement ceux qui ne font QUE ça, et m’en tient éloignée le plus possible.
Contempler indéfiniment ce qui blesse, c’est une limite que je ne franchirai pas si les espaces d’expression de cette époque n’étaient pas ce qu’ils sont.

Il y a un ravin, creusé dans le sol de mon esprit. Au fond coule ces noirs noires noire noir noirs délires.

Sans jamais tomber en effleurant les mauvais graviers, j’écoute parfois leurs sourds échos. Il arrive que les flots croissent, de fureur, de déception, dégoût, de solitude. J’occulte leurs débordements, je vis la tête rivée au ciel pour feinter ne pas être atteinte par les crues.

Je me dis souvent que je n’ai pas le droit même de connaître ce ravin. Ou bien qu’il aurait du être comblé depuis, sans tenir compte de l’ampleur de la tâche.

Seulement la source n’est pas tarissable, et je crois qu’il est bien suffisant que je ne veuille pas libérer les torrents tournoyants qui attendent derrière. J’ai également le pouvoir sur eux, celui de les créer et de les gonfler de mes crachats.

Pensées qui ne vont nulle part, donc. Et que je ne compte jamais emmener très loin.

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