Things that I can think

août 22, 2007 at 11:22 (Traces diffuses)

Je suppose que tout le monde s’intéresse à la mort. L’indifférence à son égard  me semble dificile à concevoir, sur toute une vie.

En ce moment, j’y pense peu. Assez pour avoir cet article à écrire, cela dit. Mais c’est que ça me trotte dans la tête depuis un moment. C’est entre autre pour cette chose que je ne vois absolument pas figurer sur VodaTuna que j’ai casé un blog de plus sur la toile.

Donc voilà.

“Je pourrai avoir un accident, il pourrait se passer quelque chose, sans que j’y sois pour rien, et je mourrai”

La part de culpabilité est étrange, mais bien présente. Je ne m’accorderai jamais le droit de me tuer volontairement. Même je m’en voudrai de mourir en me mettant en danger extrême, en “cherchant des noises”.

Je ne veux pas particulièrement mourir. Seulement, j’ai l’impression que ça ne me dérangerait pas non plus. C’est dommage, j’aimerai bien que ça me dérange. Avoir de quoi dire : “Je ne peux pas mourir, j’ai ça, et ça, puis ça…”

Mais le fait est que je ne suis pas (plus)  indispensable, et malheureusement rien n’est plus assez indispensable pour révéler les couleurs.
A une époque, non seulement je n’avais pas le droit de mourir, mais même pas celui de me faire mal. C’était chouette. Je me faisais mal quand même, et j’adorai me faire disputer pour ça, revêtie de la cape d’inquiétude d’un autre.

Ce n’est pas que ma vie soit désagréable. Au contraire. Je fais ce que je veux, je vis ce que je fais, je profite de tout et ai des gens à qui en parler. Je n’aurai jamais espéré avoir une telle vie géniale, dans le temps.
Ce n’est pas que je sois totalement blasée de tout. Il me reste des tonnes de trucs à voir, à faire et à rire. J’ai une capacité d’indifférence un peu trop accentuée, mais ce n’est pas pire.

Généralement je pense à m’échapper des épreuves obligatoires et me semblant trop énormes par la mort. C’est pratique.
Pour les dernières, je disposais d’un stock d’encouragement gigantesque, une réserve de courage énorme. Ce n’est plus le cas, mais j’ai gagné de l’assurance et je sais que ça ira.

Mort : tranquille. Association instinctive du moment. Ce n’est pas seulement le premier mot qui me vient à l’esprit, c’est surtout le seul quand je ne cherche pas trop.

La vie est faite de trop de choses et je sais que je fais déjà de façon trop efficace le tri, en n’acceptant pas toutes les charges de l’adulte. Donc je me dis qu’à être débordée par la moitié de ce que je devrai avoir à gérer, je n’ai aucun moyen de parvenir un jour à m’occuper de tout à la fois. D’un minimum de tout-à-la-fois.

Ca, c’est épuisant d’avance.

Puis une deuxième chose dont je ne me serai jamais douté, c’est que je n’arrive plus à croire sans aucune hésitation que le plus beau reste à venir.
Pour moi ce n’était pas une “force de penser” ça, mais juste une évidence.

La première fois que j’ai réalisé qu’effectivement on pouvait ne PAS le penser, que Je pouvais ne pas le penser, ce fut assez glauque, comme impression.
Je me suis dit que ça allait passer, mais si je ne triche pas, là c’est encore le cas.

Je crois que le parfait est passé. Et je n’imagine pas trouver assez de confiance en moi ni en la vie pour dénicher un plus que parfait.

Alors oui.

Je me dis que sans chercher des noises, si d’un coup un avion devait s’écraser pile sur ma poire, ben… Au moins je serai au calme.

Je me souviens d’une fenêtre. Celle de la chambre de mon ancienne maison, à Vaulx. Ce n’étais pas haut, pas assez pour me tuer, sûrement. Je me demandais si ça vaudrait le coup de tenter, au cas où. Puis je me demandais pourquoi ça pourrait valoir le coup.

Mais je ne pouvais pas me tuer, ni même mourir sans faire exprès, à ce moment là non plus.
“Ben non. Sinon je ne pourrai plus voir Albane”.

Il y a de grandes phrases, qui semblent vraiment trop fières d’elles-mêmes. Du genre : L’équitation m’a sauvé la vie. Ou “Cette jument m’a sauvé”.

Je ne peux pas dire ça, parce que je ne me serai de toute façon pas tuée. Mais Albie a sauvé quelque chose de moi, ce que les autres continuent à préserver. Je n’ose imaginer ce que je pourrai faire de moi si je ne les avaient pas.

Ils sont encore là, je veux toujours voir Chimère.
Mais plus au point d’écarter l’attrait du calme.
J’ai grandit, on m’a fait grandir.
L’essentiel disparaît.

Permalien Laisser un commentaire

Larmes

août 19, 2007 at 7:29 (Traces diffuses)

Il y a des larmes qu’on ne veut pas ecraser, pour ne pas détruire ce qu’elles transportent.

 Hier soir d’humeur fort maussade. Sans savoir vraiment pourquoi, la solitude prend ses aises quand elle veut chez moi.

Enfin, une cause quand même, un petit ruminage de soucis qui ne m’appartiennent pas. Une sale impression. Quelques messages envoyés, je m’endors avant la dernière réponse, je la découvrirai au matin.

Le réveil n’est pas tranquille. “Et mouise. Encore un rêve” Décidément, le changement de lieu provoque d’étranges choses pour mes nuits. Des semaines que je ne parvenais plus à me souvenir de rien de mes rêves, et voilà que tous les matins je dois m’arracher d’eux.

(Et le regretter aussitôt)

Rêvé de lui. Ca faisait un moment. Je me disais justement que ça devait être bon signe, d’en voir d’autres, les nuits. Même si jamais aussi agréable, sauf pour la lumière récemment.

Mais là c’était lui. J’ai innové, d’habitude je prends en compte seulement ce que je sais, là je lui ai imaginé une copine. En fait je ne l’ai pas vue, juste je savais qu’il en avait une. Peut-être mixé avec l’écrivain, remarque.

Distances, comportement habituel et réservé, puisque copine et puisque c’était bien finit, cette fois. Au moins pour le début. Je me suis quand même laissé céder pour goûter de sa douceur. Il n’a qu’à pas venir squatter.

C’est grave comme les sensations n’ont rien à voir. Même en rêve, même à juste effleurer sa main et sa joue, c’est invraissemblablement plus fort que tout ce que j’ai pu croiser depuis.

Mais je le sais. Voilà une part des larmes.
Mes yeux ne se ferment plus pour les mêmes raisons.

Bref. Pas réveillée avec beaucoup de légereté.

Un message, celui de la veille-nuit, donc : “Hey, tu peux parler avec ton keï =p “

Coïncidence, oui. Ca n’a pas allégé.

Je ne peux pas vraiment parler, non. J’en parlais quand je croyais.

J’en ai beaucoup écrit, rien d’édifiant ni de construit. Avant, pendant, après.

Quand j’en parle maintenant, testé il y a peu, j’ai l’impression de m’entendre présenter un exposé oral obligatoire devant un auditoire sévère. Pleine de stress, parlant trop vite, et tentant de dissimuler pitoyablement la gêne que j’en ai par de petits rires ignobles.
Parce qu’il faut bien en rire.

Voilà comme j’en parle. Voilà pourquoi je n’aime pas en parler.

Donc non, je ne peux pas en parler, avec mon Keï. Ce n’est plus mon Keï, je ne suis pas un exemple, il n’en a pas été un non plus.

Je n’ai pas de vérité à donner. Juste des impressions.
Je les donnent seulement quand j’ai l’impression qu’on m’en demande, pardon si je me suis trompée là dessus.

C’est fatiguant. Fatiguant de comprendre, de savoir, de devoir faire avec et sans.

Heureusement que je suis une ptite tête qu’un rien distrait des certitudes.
Contente de savoir gribouiller. Ca occupe.  

Ca occupe mais ça ne chasse rien.

C’est toujours de petites larmes à essuyer, quand on aurait voulu plonger dedans.

Permalien Un commentaire

Piètre miette

août 5, 2007 at 12:29 (Traces diffuses)

 _______________________________________________

Savoir renier les sentiments et nier la lumière

Accepter comme les autres de croire que Rien n’est pour de vrai

Contre mon coeur m’attacher et cracher ensemble sur hier

Reléguer aux vastes méandres de la vie le seul qui m’en délivrait

Il faudrait bien tout ça pour libérer les ombres qui errent

Facile d’imaginer un comportement solide, je pourrai

Insister pour me sentir vivre comme en un peu plus fière

Combler la perte de l’absolu en revenant … à quoi ?

Et je crois qu’il est trop tard, et je peine à rêver encore.

___________________________________________________

Permalien Laisser un commentaire

De ce sentiment léger

août 2, 2007 at 11:57 (Gouttes evanescentes)

Solitude

Visitant un des sites que je surveille régulièrement, ce matin, j’ai pu lire un joli poème, assez ambitieux pour nous raconter une histoire bien plus longue que lui-même. Triste, comme à peu près tous les textes que nous laisse voir cet auteur.

J’ai envie de pouvoir cracher ce que je m’interdis d’être. Cette part sombre que je refoule dès qu’elle tente de se faire entendre.

Ce n’est pas tricher, ce n’est pas pour sauvegarder un masque. Ce réflexe me compose aussi, et il est salvateur. J’ai bien souvent la certitude d’être à côté de la vie, mais je sais que je suis ma vie.

C’est aux autres que je ne veux pas imposer les flots noirs qui rampent au fond.

Il m’arrive maintenant de m’occuper de l’impression que je donne. Tout au plus pendant des années m’efforçais-je de n’en donner aucune, en feignant de me moquer de celle que les Autres prenaient tout de même la peine de se faire de moi.

Je crois avoir le pouvoir de paraître assez constante, jamais exubérante mais d’humeur au moins “correcte”.
Je ne veux pas qu’on me voit sombre. Je ne veux pas qu’on entende la “Sale voix” que j’entends parfois.  Les liens qui tirent vers le bas, même à les observer partout autours et à les reconnaître, je refuse de les considérer. Ce qui n’est pas nommé existe un peu moins.

Je fais part parfois de ces cris silencieux à un coin de papier, à un bout de fichier. Ce n’est que pour nier toujours la tristesse ; ne garder que la cause du mal après l’avoir trouvé ; écrire l’espérance d’un proche mieux.

Je n’ai pas peur du noir, mais je n’aime pas m’y noyer. Il doit y avoir dans cette habitude là de toujours nager vers la lumière tout le courage que je ne parviens pas à trouver pour le reste.

Cependant, et malgré tout, j’envie la liberté que les gens prennent à ajouter de l’obscur au sombre. Je supporte difficilement ceux qui ne font QUE ça, et m’en tient éloignée le plus possible.
Contempler indéfiniment ce qui blesse, c’est une limite que je ne franchirai pas si les espaces d’expression de cette époque n’étaient pas ce qu’ils sont.

Il y a un ravin, creusé dans le sol de mon esprit. Au fond coule ces noirs noires noire noir noirs délires.

Sans jamais tomber en effleurant les mauvais graviers, j’écoute parfois leurs sourds échos. Il arrive que les flots croissent, de fureur, de déception, dégoût, de solitude. J’occulte leurs débordements, je vis la tête rivée au ciel pour feinter ne pas être atteinte par les crues.

Je me dis souvent que je n’ai pas le droit même de connaître ce ravin. Ou bien qu’il aurait du être comblé depuis, sans tenir compte de l’ampleur de la tâche.

Seulement la source n’est pas tarissable, et je crois qu’il est bien suffisant que je ne veuille pas libérer les torrents tournoyants qui attendent derrière. J’ai également le pouvoir sur eux, celui de les créer et de les gonfler de mes crachats.

Pensées qui ne vont nulle part, donc. Et que je ne compte jamais emmener très loin.

Permalien Laisser un commentaire